“ Ma lame résiste, pare et tranche. Forger le fer pour forger l’âme. Avec dix doigts ou un seul, mon sabre vaincra. “ se répète un homme sous sa douche
Il est assis en tailleur, les doigts entremêlés composant un mudra avec son pouce et son index. Le long de son visage, l’eau coule abondamment, mais il n’esquisse pas. Chaque inspiration et chaque expiration sont contrôlées. Malgré l’envie de bouger, il se force à maintenir ce calme extrême.
Il est assis en tailleur, les doigts entremêlés composant un mudra avec son pouce et son index. Le long de son visage, l’eau coule abondamment, mais il n’esquisse pas. Chaque inspiration et chaque expiration sont contrôlées. Malgré l’envie de bouger, il se force à maintenir ce calme extrême.
Brusquement, de grands coups viennent perturber sa concentration. Une voix familière hurle derrière la porte :
- Mec ! Grouille toi ! Je dois pisser tu le sais bien depuis le temps qu’on crèche ensemble.
L’homme souffle et déplie les jambes pour se relever. Il finit rapidement sa toilette et enfile une serviette qu’il noue autour de sa taille. Aussitôt a t’il pressé la poignée, que son colocataire rentre en flèche. Secouant les bras, il s’indigne de la quantité de brume et s’empresse d’ouvrir la fenêtre. Le nuage, happé par la sortie d’air, dévoile un drôle de personnage. Sur sa tête, des lunettes de piscine s’enfoncent dans ses yeux et un bonnet en plastique protège ses cheveux. Cependant, il est totalement nu et sa nudité n’a pas l’air de le soucier.
- Tu pourrais ouvrir la fenêtre non ? Tu sais bien que je déteste quand il fait trop chaud. D’ailleurs Musachi, tu devrais aller prendre ton macha, je te sens de mauvaise humeur, dit-il en ouvrant la vanne d’eau
Notre homme ferme la porte en lui levant un doigt au passage. Il va s’assoir à table où l’attend une tasse au liquide verdâtre. D’une traite, il avale le mélange. Peu après, il se sent mieux. “Il avait peut-être raison, se dit-il. Je me sens de meilleur humeur “.
Comme chaque matin, exactement quinze minutes après leurs rencontres dans la salle de bain, ils se mettent à discuter. En dépit du bruit sourd des gouttes contre le carrelage, cela ne dérange aucun des deux d’hausser le ton. De l’extérieur, on pourrait croire qu’ils se disputent aux vues du nombre de grossièreté sortie à la minute. Qui plus est, beaucoup de voisin se sont déjà plaint au propriétaire. Mais non, se sont juste deux amis qui se connaissent depuis un bail.
Ils se sont connus il y a près de vingt au collège. Les aléas de la vie faisant, la colocation semblait le plan idéal. Depuis, ils bossent tous les deux et les rentrées d’argents sont aussi stables que leurs situations. Que pourraient-ils vouloir de plus ?
- Dit Musachi, tu peux regarder si la batterie de ma caméra est chargée ? Je sais plus si je l’ai branchée hier, s’exclame l’homme dans la salle de bain.
Le dénommé “ Musachi “ se lève sans rechigner, le téléphone à la main. S’avance sur le tatami et tâtonne sur le buffet. Il touche un câble qu’il suit de ses doigts pour arriver à un petit boiter. Par habitude, il sait que cette petite chose ne peut être que la caméra. Le comble, c’est qu’il l’ait fait sans quitter son trésor des yeux. L’homme finit par crier à travers le fin couloir :
- Oliver, c’est bon, et arrête de m’appeler Musachi, sérieux. Tu sais bien que c’est un tricheur.
- Mec ! Grouille toi ! Je dois pisser tu le sais bien depuis le temps qu’on crèche ensemble.
L’homme souffle et déplie les jambes pour se relever. Il finit rapidement sa toilette et enfile une serviette qu’il noue autour de sa taille. Aussitôt a t’il pressé la poignée, que son colocataire rentre en flèche. Secouant les bras, il s’indigne de la quantité de brume et s’empresse d’ouvrir la fenêtre. Le nuage, happé par la sortie d’air, dévoile un drôle de personnage. Sur sa tête, des lunettes de piscine s’enfoncent dans ses yeux et un bonnet en plastique protège ses cheveux. Cependant, il est totalement nu et sa nudité n’a pas l’air de le soucier.
- Tu pourrais ouvrir la fenêtre non ? Tu sais bien que je déteste quand il fait trop chaud. D’ailleurs Musachi, tu devrais aller prendre ton macha, je te sens de mauvaise humeur, dit-il en ouvrant la vanne d’eau
Notre homme ferme la porte en lui levant un doigt au passage. Il va s’assoir à table où l’attend une tasse au liquide verdâtre. D’une traite, il avale le mélange. Peu après, il se sent mieux. “Il avait peut-être raison, se dit-il. Je me sens de meilleur humeur “.
Comme chaque matin, exactement quinze minutes après leurs rencontres dans la salle de bain, ils se mettent à discuter. En dépit du bruit sourd des gouttes contre le carrelage, cela ne dérange aucun des deux d’hausser le ton. De l’extérieur, on pourrait croire qu’ils se disputent aux vues du nombre de grossièreté sortie à la minute. Qui plus est, beaucoup de voisin se sont déjà plaint au propriétaire. Mais non, se sont juste deux amis qui se connaissent depuis un bail.
Ils se sont connus il y a près de vingt au collège. Les aléas de la vie faisant, la colocation semblait le plan idéal. Depuis, ils bossent tous les deux et les rentrées d’argents sont aussi stables que leurs situations. Que pourraient-ils vouloir de plus ?
- Dit Musachi, tu peux regarder si la batterie de ma caméra est chargée ? Je sais plus si je l’ai branchée hier, s’exclame l’homme dans la salle de bain.
Le dénommé “ Musachi “ se lève sans rechigner, le téléphone à la main. S’avance sur le tatami et tâtonne sur le buffet. Il touche un câble qu’il suit de ses doigts pour arriver à un petit boiter. Par habitude, il sait que cette petite chose ne peut être que la caméra. Le comble, c’est qu’il l’ait fait sans quitter son trésor des yeux. L’homme finit par crier à travers le fin couloir :
- Oliver, c’est bon, et arrête de m’appeler Musachi, sérieux. Tu sais bien que c’est un tricheur.
À ce moment-là, Oliver sort de la douche. Nu, bien entendu. Il attrape une serviette étendue sur un linge et la noue difficilement. Mais, une autre épreuve l’attend. Le bonnet. D’abord, il passe ses mains en dessous du plastique puis en écartant ses doigts, le remonte. Ensuite, il l’enlève délicatement ce qui fait tomber ses lunettes dans l’indifférence générale. Tâche accomplie, il souffle en passant la main dans ses cheveux totalement sec.
- Encore une bonne journée qui s’annonce, s’exclame-t-il. J’ai un contrat près de l’avenue bordée de bambou là, tu vois de laquelle je veux parler ?
- Si tu parles de celle où il y a le parc avec les pontons sur l’eau, c’est l’Avenue des Hostas. Sinon, je ne vois pas.
Tout en parlant, Oliver se prépare. Il met un t-shirt de sport noir et un pantalon de kimono noir également. Au pied, il enfile de vieille basket trouée sans prendre le temps d’enfiler ses chaussettes.
- Si tu veux venir avec moi, tu as intérêt à te dépêcher, mon rendez-vous est dans une heure, dit-il enjoué
Musachi, surpris, se hâte. Il s’habille d’un joli kimono rouge et blanc et enfile des rangers. L’idée de partir seul ne le dérange pas, mais il préfère partir avec lui quand il travaille. Il attrape son sabre et lance à son ami le sien. Ils le placent sur leur dos, et s’en vont. À peine ont-ils commencé le trajet qu’Oliver se rend compte qu’il a oublié la caméra. Il fait le chemin inverse tandis que son colocataire assis, râle sur une devanture de magasin.
A pied, L’Avenue des Hostas n’est pas bien loin, mais avec leurs sabres mit de cette façon, on ne sait pas sur qui on peut tomber. Pourtant, ils n’accélèrent pas, les deux comparses marchent calmement.
- Une dernière chose Musachi, je voulais te dire : enlever le sang du mur a été une vraie plaie, s’exclame Oliver en remuant les bras. La prochaine fois que tu fais venir une fille à l’appart vérifie qu’elle n’ait pas de sabre !
Ni une ni deux, l’intéressé s’indigne et se retourne sur son ami.
- C’est uniquement en la déshabillant que j’ai remarqué le sabre sous son pull ! Cette conne m’a coupé un doigt je te rappelle ! Un putain de doigt ! Lui crie-il au visage tout en montrant son annulaire gauche emmailloté dans un bandage.
Oliver, dégouté, se recule en esquissant un visage pâle.
- Et pour la millième fois de la semaine, appelle moi Akira comme tout le monde ! Je n’ai pas besoin que tu commences à utiliser ce vieux surnom, le taff me prend déjà assez la tête comme ça.
- Si tu veux t’appeler comme le titre d’un film, c’est toi qui vois, lui répond Oliver
Ce surnom le suit partout depuis quelques mois. Il l’entend partout et cette soudaine notoriété commence à l’agacer. Il avait suffi qu’un petit malin filme son affrontement avec celui qu’on prénomme “Suberiko “ ou “ celui qui glisse”. Le surnom étrange de cet homme lui vient du nombre de fois hallucinante où il s’excusait d’avoir glissé après avoir tranché un membre de ses adversaires. Selon la loi du Sabre, il aurait dû être radié il y a bien longtemps. Malheureusement, il faut croire qu’il finit toujours par revenir. En y repensant, Akira sourit présomptueusement. C’est vrai qu’il l’avait bien humilié ce gros porc, et devant ses sbires qui plus est. Il lui avait sectionné deux doigts d’affilés, une honte dans ce métier.
Après trente longues minutes de marche, ils arrivent enfin au centre de l’avenue. Un joli parc s’offre à eux. Jonché de cours d’eau et de bambou, le lieu possède l’ambiance idéale pour se relaxer. Ou pour un affrontement. Oliver sort son téléphone de sa poche et compose un numéro.
- Ouais c’est moi, j’y suis. Où exactement ? Il tourne la tête pour observer les environs. Près d’un temple au toit rougeâtre, il est grand, tu ne peux pas le louper.
Après quelques acquiescements, il raccroche. Autour d’eux, Une poignée de passant les regarde avec attention. Quelques-uns s’empressent même de sortir leurs téléphones. Au-delà de la foule, un homme et une femme s’asseyent sur un banc le sabre à la ceinture. L’angle fait que s'il y a un affrontement ici, ils n’en manqueraient pas une miette. Derrière eux, les portes du temple se ferment. Un moine apeuré tire difficilement les deux grosses poignées d’acier. Tout le monde sait ce qu’il se prépare. La tension s’électrise.
De la petite forêt de bambou, déboule une belle femme. Elle porte le maillot d’un club de foot de la région aux mêmes couleurs que son bandeau dans les cheveux. Une petite queue brune tombe sur le manche de son sabre. La femme s’avance vers Oliver :
- Encore une bonne journée qui s’annonce, s’exclame-t-il. J’ai un contrat près de l’avenue bordée de bambou là, tu vois de laquelle je veux parler ?
- Si tu parles de celle où il y a le parc avec les pontons sur l’eau, c’est l’Avenue des Hostas. Sinon, je ne vois pas.
Tout en parlant, Oliver se prépare. Il met un t-shirt de sport noir et un pantalon de kimono noir également. Au pied, il enfile de vieille basket trouée sans prendre le temps d’enfiler ses chaussettes.
- Si tu veux venir avec moi, tu as intérêt à te dépêcher, mon rendez-vous est dans une heure, dit-il enjoué
Musachi, surpris, se hâte. Il s’habille d’un joli kimono rouge et blanc et enfile des rangers. L’idée de partir seul ne le dérange pas, mais il préfère partir avec lui quand il travaille. Il attrape son sabre et lance à son ami le sien. Ils le placent sur leur dos, et s’en vont. À peine ont-ils commencé le trajet qu’Oliver se rend compte qu’il a oublié la caméra. Il fait le chemin inverse tandis que son colocataire assis, râle sur une devanture de magasin.
A pied, L’Avenue des Hostas n’est pas bien loin, mais avec leurs sabres mit de cette façon, on ne sait pas sur qui on peut tomber. Pourtant, ils n’accélèrent pas, les deux comparses marchent calmement.
- Une dernière chose Musachi, je voulais te dire : enlever le sang du mur a été une vraie plaie, s’exclame Oliver en remuant les bras. La prochaine fois que tu fais venir une fille à l’appart vérifie qu’elle n’ait pas de sabre !
Ni une ni deux, l’intéressé s’indigne et se retourne sur son ami.
- C’est uniquement en la déshabillant que j’ai remarqué le sabre sous son pull ! Cette conne m’a coupé un doigt je te rappelle ! Un putain de doigt ! Lui crie-il au visage tout en montrant son annulaire gauche emmailloté dans un bandage.
Oliver, dégouté, se recule en esquissant un visage pâle.
- Et pour la millième fois de la semaine, appelle moi Akira comme tout le monde ! Je n’ai pas besoin que tu commences à utiliser ce vieux surnom, le taff me prend déjà assez la tête comme ça.
- Si tu veux t’appeler comme le titre d’un film, c’est toi qui vois, lui répond Oliver
Ce surnom le suit partout depuis quelques mois. Il l’entend partout et cette soudaine notoriété commence à l’agacer. Il avait suffi qu’un petit malin filme son affrontement avec celui qu’on prénomme “Suberiko “ ou “ celui qui glisse”. Le surnom étrange de cet homme lui vient du nombre de fois hallucinante où il s’excusait d’avoir glissé après avoir tranché un membre de ses adversaires. Selon la loi du Sabre, il aurait dû être radié il y a bien longtemps. Malheureusement, il faut croire qu’il finit toujours par revenir. En y repensant, Akira sourit présomptueusement. C’est vrai qu’il l’avait bien humilié ce gros porc, et devant ses sbires qui plus est. Il lui avait sectionné deux doigts d’affilés, une honte dans ce métier.
Après trente longues minutes de marche, ils arrivent enfin au centre de l’avenue. Un joli parc s’offre à eux. Jonché de cours d’eau et de bambou, le lieu possède l’ambiance idéale pour se relaxer. Ou pour un affrontement. Oliver sort son téléphone de sa poche et compose un numéro.
- Ouais c’est moi, j’y suis. Où exactement ? Il tourne la tête pour observer les environs. Près d’un temple au toit rougeâtre, il est grand, tu ne peux pas le louper.
Après quelques acquiescements, il raccroche. Autour d’eux, Une poignée de passant les regarde avec attention. Quelques-uns s’empressent même de sortir leurs téléphones. Au-delà de la foule, un homme et une femme s’asseyent sur un banc le sabre à la ceinture. L’angle fait que s'il y a un affrontement ici, ils n’en manqueraient pas une miette. Derrière eux, les portes du temple se ferment. Un moine apeuré tire difficilement les deux grosses poignées d’acier. Tout le monde sait ce qu’il se prépare. La tension s’électrise.
De la petite forêt de bambou, déboule une belle femme. Elle porte le maillot d’un club de foot de la région aux mêmes couleurs que son bandeau dans les cheveux. Une petite queue brune tombe sur le manche de son sabre. La femme s’avance vers Oliver :
- C’est toi pour le concept de vidéo ? Du moins, t’en as la dégaine, lui dit-elle sur un ton désinvolte
Akira pouffe de rire discrètement :
- C’est bien lui, dit-il en le pointant du doigt
Oliver installe soigneusement sa caméra sur une sorte de bandana. Il presse un bouton et une petite lumière verte s’allume. Instinctivement, Akira recule et laisse les deux adversaires se mettre face à face. La femme lance au vidéaste :
- Connais-tu la loi du Sabre ?
Il lui répond machinalement :
- Je connais la loi du Sabre et toi, connais-tu la loi du Sabre ?
La main sur le manche de sa lame, elle hoche la tête :
- Je connais la loi du Sabre.
Rapidement, les deux épéistes dégainent leurs armes. Un grincement métallique résonne au contact de la lame et du fourreau. Pas à pas, ils se rapprochent l’un de l’autre toisant chaque mouvement subtil et léger. Les graviers frottent leurs semelles à chaque pas, laissant une trainée de poussière volatile.
Enfin, le coup part. Une estocade d’Oliver vient perturber la défense de la femme. Elle le repousse sans difficulté avec un revers puissant. Serrant la lame de toutes ses forces, elle l’abat violement sur son adversaire. Dans un mouvement gracieux, il l’esquive par la droite. Maintenant, c’est elle qui est à la portée de son sabre. Il anticipe de lui taillader les jambes, mais voyant le coup arriver, elle saute en arrière. Son corps voltige au-dessus du sol. Atterrissant sur ses mains, puis sur ses pieds. Elle attire l’attention, c’est du sensationnel.
- Continue ! Pour la vidéo, c’est génial ! S'exclame Oliver le pouce en l’air
- Ne te déconcentre pas, ça reste un combat, lui crie Akira accablé que son ami ne pense qu’à ça
Mais il a raison, le combat n’est pas fini. Le club de foot revient à la charge. Elle enchaîne les mouvements rapides et de plus en plus violents. Les lames s’entremêlent et s’effritent à chaque assaut. À ce rythme, le katana d’Oliver ne tiendra pas. Des mois qu’il repousse l’achat d’un nouveau aux vues de leur prix conséquent. Des éclats de métal commencent à lui tomber sur les bras. Il sert le manche aussi fort qu’il peut. D’un coup sec, il lève son sabre pour parer la lame de son adversaire. Il le fait tellement fort, que l’épée de la femme lui échappe des mains. Elle tourne, encore et encore jusqu’à venir se planter dans la porte du temple. La confiance ébranlée, les mains vides, elle regarde bêtement Oliver.
À contre-cœur, elle décline sa proposition. S'il avait su envoyer sa lame si loin, dieu sait ce qu’il pourrait lui faire. Elle avait encore ses dix doigts et elle aimerait que cela reste ainsi.
Oliver retire sa caméra et l’éteint. Les passants autour applaudissent dans la lumière des quelques flashs d’appareil. Puis, ils retournent à leurs occupations.
Akira pouffe de rire discrètement :
- C’est bien lui, dit-il en le pointant du doigt
Oliver installe soigneusement sa caméra sur une sorte de bandana. Il presse un bouton et une petite lumière verte s’allume. Instinctivement, Akira recule et laisse les deux adversaires se mettre face à face. La femme lance au vidéaste :
- Connais-tu la loi du Sabre ?
Il lui répond machinalement :
- Je connais la loi du Sabre et toi, connais-tu la loi du Sabre ?
La main sur le manche de sa lame, elle hoche la tête :
- Je connais la loi du Sabre.
Rapidement, les deux épéistes dégainent leurs armes. Un grincement métallique résonne au contact de la lame et du fourreau. Pas à pas, ils se rapprochent l’un de l’autre toisant chaque mouvement subtil et léger. Les graviers frottent leurs semelles à chaque pas, laissant une trainée de poussière volatile.
Enfin, le coup part. Une estocade d’Oliver vient perturber la défense de la femme. Elle le repousse sans difficulté avec un revers puissant. Serrant la lame de toutes ses forces, elle l’abat violement sur son adversaire. Dans un mouvement gracieux, il l’esquive par la droite. Maintenant, c’est elle qui est à la portée de son sabre. Il anticipe de lui taillader les jambes, mais voyant le coup arriver, elle saute en arrière. Son corps voltige au-dessus du sol. Atterrissant sur ses mains, puis sur ses pieds. Elle attire l’attention, c’est du sensationnel.
- Continue ! Pour la vidéo, c’est génial ! S'exclame Oliver le pouce en l’air
- Ne te déconcentre pas, ça reste un combat, lui crie Akira accablé que son ami ne pense qu’à ça
Mais il a raison, le combat n’est pas fini. Le club de foot revient à la charge. Elle enchaîne les mouvements rapides et de plus en plus violents. Les lames s’entremêlent et s’effritent à chaque assaut. À ce rythme, le katana d’Oliver ne tiendra pas. Des mois qu’il repousse l’achat d’un nouveau aux vues de leur prix conséquent. Des éclats de métal commencent à lui tomber sur les bras. Il sert le manche aussi fort qu’il peut. D’un coup sec, il lève son sabre pour parer la lame de son adversaire. Il le fait tellement fort, que l’épée de la femme lui échappe des mains. Elle tourne, encore et encore jusqu’à venir se planter dans la porte du temple. La confiance ébranlée, les mains vides, elle regarde bêtement Oliver.
- Tu es désarmée, veux-tu poursuivre le duel ? Lui propose-t-il
À contre-cœur, elle décline sa proposition. S'il avait su envoyer sa lame si loin, dieu sait ce qu’il pourrait lui faire. Elle avait encore ses dix doigts et elle aimerait que cela reste ainsi.
Oliver retire sa caméra et l’éteint. Les passants autour applaudissent dans la lumière des quelques flashs d’appareil. Puis, ils retournent à leurs occupations.
- Une bonne chose de faites, se réjouit Oliver en tirant une grande taffe sur sa cigarette électronique
En soufflant, un nuage épais sort de son nez. Akira secoue la main, dérangé par cette fumée qu’il juge exécrable.
- Tu penses réellement que ça va te faire de la thune ? Demande Akira au dragon
- Gars, tu sais comment les samouraïs fonctionnent. On est payé au nombre de gens qui nous connaissent. Si je crée un nouveau style de vidéo et que ça marche, je serais forcément riche, s’exclame-t-il avec logique. Et puis toi, t’as pas de veine... Tout le monde te connait sous le nom de Musachi, mais personne ne connait Akira. C’est pour ça que t’as pas un rond.
- Je préfère qu’on me connaisse moi plutôt que d’être décrit comme un autre. Je veux qu’on reconnaisse ma propre façon de manier le sabre. Une question d’honneur, je pense.
A suivre...
En soufflant, un nuage épais sort de son nez. Akira secoue la main, dérangé par cette fumée qu’il juge exécrable.
- Tu penses réellement que ça va te faire de la thune ? Demande Akira au dragon
- Gars, tu sais comment les samouraïs fonctionnent. On est payé au nombre de gens qui nous connaissent. Si je crée un nouveau style de vidéo et que ça marche, je serais forcément riche, s’exclame-t-il avec logique. Et puis toi, t’as pas de veine... Tout le monde te connait sous le nom de Musachi, mais personne ne connait Akira. C’est pour ça que t’as pas un rond.
- Je préfère qu’on me connaisse moi plutôt que d’être décrit comme un autre. Je veux qu’on reconnaisse ma propre façon de manier le sabre. Une question d’honneur, je pense.
A suivre...
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