Univers 500 : Le rituel des dix. Partie 2

 

Le jour du rituel. 
  • - Maman, tu as vu mon lance-pierre ? Je ne sais plus où je l'ai posé...Dit l'enfant.
Sa mère lui apporte la petite arme en bois qu'il se hâte de ranger dans son sac en toile. Mériel sourit à sa mère, mais elle ne le regarde pas comme d'habitude. Le corps tremblant, elle enlace son fils en déposant un baiser sur son front.
  • Tout va bien se passer mon petit guerrier. Ton père et moi te regarderons depuis les gradin. Tout va bien se passer...Répète t-elle autant pour son garçon que pour sa personne. 
La main dans son dos, Léanore le pousse vers l'atelier de son père. Le craquement du plancher attire l'attention de Garvin. Debout devant son établi, il aiguise vigoureusement la lame que son père lui avait transmis lors de son propre rituel. Il compte faire de même cette fois. En espérant que les bêtes de ses ancêtres et la sienne l'accompagne dans cette épreuve inhumaine. Il a passé la nuit à améliorer au maximum l'équipement de son fils. Les plumes des flèches sont coupées au millimètre près, les piques sont taillées en une pointe tel des dards prêts à transpercer et de petites billes de fer trainent dans un petit sachet en peaux. Sans rien dire, Garvin équipe Mériel. Naturellement, le garçon place les flèches dans le carquois ainsi que les piques. Le couteau est ausculté comme s'il agit d'une œuvre d'art puis est rangé dans un étui à sa taille, juste à côté du lance pierre. L'adulte empoigne le sachet de peau qui en se soulevant laisse échapper un tintement métallique. Il sort une bille et la montre à son fils.
  • Je sais que tu es fière de ton arme... Alors voici ce que j'ai fait pour toi, dit-il en lui tendant une bille. Cela t'évitera de devoir ramasser des cailloux. En revanche, je n'ai eu le temps d'en faire que cinq, ne te repose pas uniquement sur elles.
Emerveillé, Mériel se saisit du sachet de bille. Un grand sourire illumine son visage.
  • Merci papa ! S'écrie de joie le jeune garçon en sautant dans les bras de son géniteur. 
Garvin sent sa gorge se serrer. Il ne l'avait pas senti si serrée depuis...Depuis que sa mère l'avait pris dans ses bras avant qu'il ne plonge dans l'arène.
  • Mériel, tu vas t'en sortir. J'ai foi en toi mon garçon, et si ta mère a foi en le destin et bien moi aussi ! Tu sortiras victorieux de cette épreuve. Tu nous reviendras, dit-il devant les yeux émus de son fils. Bon sang, je t'aime si fort Mériel.
Garvin se jette sur son fils pour l'enlacer de toute ses forces. L'émotion est bien trop forte. C'est peut-être la dernière fois qu'il peut le toucher, interagir avec lui. Ses larmes de parents inquiets se perdent dans la veste en cuir du garçon. Mériel sent l'émotion de son père dans son étreinte, il le serre en y mettant toute la détermination et le courage qu'un enfant peut avoir.
Le son d'une énorme corne de brume retentit dans le village. Garvin ne reconnait que trop bien ce son. Il est l'heure. Le soleil est en train de se lever, le rituel va commencer.
  • Allons-y Mériel, dit le père en prenant la main de son fils. 
Léanore prend son autre main, et ensemble, ils quittent la demeure familiale. Ils ne doivent pas marcher longtemps. Le chef les attend déjà, entourer des neuf autres familles sélectionnées. Les traits du visage des autres parents sont dures. Certains tiennent leurs enfants tandis que d'autres cachent péniblement leur désarroi en se tenant à distance. Les enfants, qui se connaissent tous, se font des signes de main ou de tête. Tantôt joyeux, ils sont rabâchés par les adultes pour se souvenir que tout ceci n'est pas un jeu.  

Les deux gardes du chef les devancent. A côté de la dizaine de large marche taillé dans la roche, une grande porte de bois se dresse devant chaque famille. Les gardes les ouvrent en tirant de grandes poignées en fer. L'ouverture est lente, et les battements de cœur rapide des parents fait presque vibrer l'air. Le chef monte quelques marches avant de se retourner sur la petite foule.
  • Le rituel est une tradition au sein de notre village. J'ai connu nombre de combat. J'ai vu la puissance et la détermination chez des êtres que personne n'en aurait cru capable. Je crois en chacun de vous, dit-il en balayant du regard un à un les enfants. Je vous laisse leur souhaiter du courage, que votre volonté coule dans leurs veines et emplisse l'arène.
Le dos arqué, il grimpe les marches restantes et disparait en haut du rocher. Mériel s'agite, tout comme les autres enfants. Le stress et l'angoisse commencent à prendre le dessus. Certains enfants se mettent à pleurer alors que d'autres rient avec leurs parents, comme s'ils savaient d'avance le sort qu'ils leurs étaient réservés. 

Garvin regarde son fils. Quand il sortira d'ici se dit-il, se sera un homme. Il met ses mains sur ses épaules et le regarde encore plus attentivement.
  • Papa, pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? Lui demande le petit garçon. 
  • Je veux me souvenir de chaque trait de ton visage, de chaque imperfection, de chaque détail. Je veux me souvenir de qui est mon fils, dit-il ému sa main dans celle de Léanore. 

Par le tintement de leurs lances sur le sol, les gardes pressent le " au revoir".
Les petites mains si délicates de leurs fils quittent les leurs. Mériel s'avance ainsi que les autres enfants. La porte parait si grande comparé à leur corps frêle. Certains tremblent comme des feuilles, d'autres se préparent déjà, lame en main. Le petit garçon lance un dernier regard à ses parents. Pétri par la peur, les enfants sont pressés au centre de l'arène. Doucement, les portes se referment. Celle-ci est renforcée de l'extérieur par un grosse poutre de bois que les gardes viennent loger entre les poignées. Ils invitent ensuite les parents à les suivre.

L'arène se caractérise par des remparts fait en pieux de sapin géant. De l'intérieur, il n'est possible d'en sortir que par la porte d'entrée. En son sein, quelques arbres viennent habiller le sol terreux et les buissons de fougères. Un chemin de bois surplombe l'arène afin que le chef et les parents puissent voir le combat. Durant le rituel, ils peuvent parcourir d'un bout à l'autre l'enceinte. Il est évidemment interdit d'intervenir sous peine de mettre le rituel en péril. Ce serait également un manque de respect conséquent pour les traditions du village.  

Les adultes sont tous montés sur l'estrade et s'impatientent. Le chef prend place sur un trône fait de bois de cerf. Sur le champ de bataille, la plupart des enfants se dispersent. D'autres, comme Mériel, ont l'air d'être tétanisé. Il regarde son père qui lui rend son regard par un hochement de tête. Probablement libéré de son stresse passager, le petit garçon s'enfuit entre les arbres tenant fermement sa lance. Le cri des autres parents monte en direction de leurs rejetons. 
  • Va te cacher, ça va commencer ! Hurle une mère à son fils.
  • Reste au centre de l'arène et garde ton couteau à portée de main ! Crie le père de la petite Ornella. 
Le regard des adultes envers leurs congénères s'emplisse de colère et de haine. Le chef en est conscient et dès qu'un parent devient virulent, les gardes font régner l'ordre. Il ne reste plus qu'un enfant au centre. Ils ont tous disparu dans les méandres du champ de bataille. Le chef se lève et délasse une corne de brume de sa ceinture tribal. 

" Ouuuuuuuuuuuuh "

Le son long et grave de la corne de brume fait vibrer l'air ambiant. Le rituel commence.

Très vite, les premiers cris déchirent le silence pesant. Garvin tremble, il ne reconnait pas la voix de son fils, mais la peur est telle qu'il ne peut en être sûr. Deux parents paniqués se ruent sur le côté gauche de l'arène. Leurs pas bruyants écrasent rapidement les planches de bois. Brusquement, ils s'arrêtent. Léanore pointe du doigt une petite forme qui se distingue de la végétation. La forme est tremblante, et sa marche est saccadée. Garvin se rend vite compte qu'il s'agit d'un garçon. Probablement le fils des parents apeurés debout sur l'estrade à quelques mètres de là. Brutalement, la forme est poussée au sol. Un petit être au cheveux court le maintien. Ses petites mains frappent l'agresseur, en vain. Malgré ses supplications, le petit garçon est asséné d'un coup de couteau en plein dos. Un cri perçant déchire les tympans des spectateurs. Sur l'estrade, l'homme et la femme tombent à genoux.

Dans l'arène, le jeune bourreau fixe sa victime, puis baisse les yeux vers ses mains maculées de la substance vitale de son ancien camarade. Il ne prend pas la peine de retirer sa lame du cadavre et s'en retourne directement vers la forêt. Le corps reste sans vie le visage contre terre, le regard vide de tout éclat. Garvin ne peut s'empêcher d'avoir une pointe au cœur pour les parents à qui on vient de retirer la descendance. Après quelques secondes de pitié, il se ravise. Peu importe qui meurt, tant qu'il ne s'agit pas de Mériel.

Des craquements hâtifs de branche attirent Léanore et Garvin. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils le sentent, c'est leur fils. Ils se précipitent en longeant le côté droit. En contre-bas, un enfant se rapproche d'un autre. C'est bien lui, Mériel est en danger.

  • Mériel ! Il est encore loin, sers- toi de ton lance pierre et des billes !
L'enfant, terrorisé, regarde tremblant son ami s'avancer une lame à la main. Son agresseur tremble autant que lui. Mériel ne peut plus reculer, le dos contre la palissade de pieux, limite ses mouvements. L'ennemi se rapproche dangereusement, mais sa peur l'empêche d'agir.
  • Mériel bon sang ! Fait quelque chose ! Il va te tuer ! Hurle Garvin sous la pression.
Ses mains serrent l'estrade à presque en faire plier le bois.
Partagé entre les ordres de son père et la peur de son camarade, il arrive à sortir une bille de la petite besace. Avec maladresse, les quatre autres billes se répandent au sol. Tout en frissonnant, il arque la corde du lance pierre et place une bille dans la frêle poche de peau. En réalisant que sa vie pourrait être en danger, l'autre garçon lui saute dessus. Mériel ferme les yeux et tire sur sa cible. Un cri de douleur le fait rouvrir les yeux, il n'est pas mort. Son adversaire se tient le visage. De ses mains, le liquide rouge s'écoule en un flot abondant. 

  • Au secours ! Je ne vois plus rien ! Papa, maman venez m'aider, je vous en prie, se plaint le garçon ennemi.
Quelques secondes plus tard, deux adultes débarquent près de Garvin et sa femme. Le garçon délie ses mains à la vue de ses parents. Son orbite droite n'est qu'un trou vide, dénué de toute lumière. Le regard du père de l'enfant rencontre celui de Garvin. Il n'y voit qu'une haine noire.

  • Mériel utilise ton couteau ! Tu ne peux pas le laisser vivre, c'est le moment ! Hurle Garvin à son fils. 
Le garçon pétrifié par son geste se met à vomir. Dégouté, son estomac se vide de son contenant. Sur l'estrade, Garvin s'agite. Il l'avait prévenu, le rituel n'est pas un jeu. Il n'était pas prêt, il aurait dû s'appliquer davantage aux entraînements. C'est peut-être sa faute aussi, il aurait dû être plus dur avec son fils. Voyant son compagnon se faire submerger par ses émotions,  Léanore enlace sa main dans la sienne. Mériel essuie avec sa manche le reste de bile sur ses lèvres. Il ne sort pas son couteau. À la place, il s'enfuit laissant les billes de fer et le lance pierre au sol. Son adversaire est maintenant à terre, agonisant dans des râlements rauques.
Garvin et Léanore le suivent en ne le quittant pas des yeux sur le chemin de bois. La direction que Mériel prend le rapproche du centre de l'arène. Sa mère lui crie :
  • Ne va pas par-là !
Le garçon n'écoute rien. Ses sens sont en état d'alertes et la peur a pris le contrôle.
  • Il ne faut pas qu'il tombe sur Ornella ! Dit le père à sa femme. Cette gamine, il faut la prendre par surprise, mais je sens qu'il ne faut pas s'en approcher. Tu as vu son sourire quand ils ont fermé la porte ?
Léanore ne répond pas, mais elle a tout entendu. Son mari a raison, il faut à tout prix qu'il rebrousse chemin.
  • Mériel écoute nous, tout va bien se passer ! Va te cacher dans la forêt en attendant que le rituel se termine, hurle Léanore vers son fils. 
Mériel n'écoute toujours pas. Il n'entend plus rien. Le seul son qu'il arrive encore à entendre est le battement intempestif de son cœur prêt à sortir de sa poitrine. 
Il traverse et enjambe les fougères aussi vite qu'il le peut. A force d'avancer, il tombe nez à nez avec une camarade. Le garçon est arrivé au centre de l'arène où une fille se tient debout, entouré de deux autres petits corps sans vie. Mériel s'arrête net. Tremblant, il sort une lance de son carquois.
  • Il doit fuir...Murmure Léanore à son mari.
  • Il peut s'en sortir. Je lui ai appris à se servir d'une lance. Il va y arriver, répond Garvin inquiet.
En réalité, il a le même avis que sa femme, mais il se doit d'espérer.
La petite fille ramasse le bois d'une de ses victimes. Elle ne recule pas. Au contraire, elle s'approche en confiance. Ornella balaye l'air avec de grand geste. Un sourire carnassier se dessine sur sa face. Mériel ne recule pas, mais il n'avance pas non plus. Il ancre ses pieds profondément dans la terre meuble et se tient droit, le bâton en avant. Garvin sent son espoir se raviver. Tous ces entrainements n'ont pas servi à rien, son sens de la survie se manifeste enfin. Sa bête pourra dorénavant le protéger !
  • Je n'ai pas le choix. Ton père a dû faire ce choix à notre âge. Maintenant, c'est mon tour, dit la fillette avec un brin d'empathie dans la voix. 
Le garçon ne flanche pas. Il tente le tout pour le tout. D'un mouvement soudain, il abat son bâton de haut en bas en direction de son amie. Elle pare le coup d'un revers de la main sans difficulté. Son sourire s'efface peu à peu. Mériel réitère en adaptant sa stratégie. Avec l'impact, son arme avait dévié de sa trajectoire initiale. S'il met toute son énergie dans le prochain assaut, il pourrait la désarmer. Alors, l'enfant saisit sa chance. Il fléchit légèrement les genoux, et assène en hurlant un puissant coup vers ses côtes.

Garvin et sa femme regarde la scène la peur au ventre. Ce coup se doit d'être décisif. Voyant le bois fuser vers elle, elle s'abaisse laissant le garçon incrédule. Mériel ne l'avait pas anticipé dû à son manque d'entrainement. Ornella attrape l'arme vide de son inertie à la main. D'un coup sec, elle jette le bâton derrière elle. La fillette vient de désarmer son fils comme il l'avait fait quelques jours plus tôt. Garvin lui avait dit pourtant..."Si tu perds ton arme, tu n'es rien ". Mériel se retrouve maintenant à la merci de son ennemi. Démuni, il recule vers l'estrade où les parents de la fille scande son nom.

  • Fuit ! Vite ! Crie Léanore avec de grand geste. 
Garvin reste muet, incrédule. Se pourrait-il que...Qu'on lui arrache son trésor ?
Mériel recule encore, il arrivera bientôt contre les pieux. Il sera acculé, et ça en sera finit de lui.

  • Mériel prend ton couteau, il n'est pas trop tard ! Hurle le père à son fils. 
L'enfant dégaine sa lame. Avec l'agitation et l'angoisse, elle lui glisse des mains pour atterrir devant son adversaire. D'un coup de pied, Ornella dégage le couteau plus loin. La lance pointée vers l'avant, elle s'approche. La fillette n'est plus qu'à quelques mètres.

Le père entend l'agitation de la foule. Ils veulent du sang, ils attendent le massacre. Mais, ils attendent le massacre de son propre fils. Comment peuvent-ils se réjouir de la mort d'un innocent. Léanore ferme les yeux en pleurant. Elle ne veut pas voir ça. Malgré lui, il n'arrive pas à détourner le regard. Il la voit se rapprocher de son garçon. Il le voit terrifié à l'idée de mourir. Garvin trépigne. Il n'arrive plus à contenir se sentiment qui lui traverse le cœur. Il frappe ses poings sur les pieux de l'estrade. Un garde armé s'avance pour lui dire de se calmer. 
Il ne va pas se calmer. Ce sentiment qui le ronge est bien plus puissant que la rage. Au fond de lui, il a se besoin de le protéger. À n'importe quel prix il protégera son fils, et il tuera femme et enfant si c'est nécessaire.
  • Garvin calme toi, c'est le rituel, explique le garde presque gentiment comme s'il ne prenait pas conscience de ce qu'il se passe réellement.
S'il avait survécu dans le passé, c'était peut-être dans le seul but de forcer le destin aujourd'hui.

D'un mouvement sec, Garvin tranche la gorge du garde. Ses yeux marquent une dernière fois la surprise avant de s'effondrer. Tous les regards sont posés sur lui, les autres gardent se ruent vers sa position.
  • Le destin...c'est moi, dit-il en regardant sa femme. 
Il enjambe rapidement l'estrade et saute dans l'arène. L'un des gardes postés en face de lui fait de même. Le père atterrit à quatre patte quelques mètres plus bas. Mériel est à une vingtaine de pas, mais la fillette se rapproche encore. Elle ne doit pas avoir entendu l'agitation derrière elle. Le garde brandit sa lance entre lui et son objectif.
  • Arrête toi ! Ne rend pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà, ordonne le garde. 
Garvin respire calmement. Qu'il y ait un, deux ou mille gardes, rien ne se mettra en travers de sa route.
  • Si mon fils est dépourvu de barbarie, cela ne fait de lui qu'un enfant parmi d'autre. Nos traditions sont sauvages...Ce carnage millénaire a assez duré. Mériel n'a pas d'instinct de survie, il n'a pas de bête au fond de son cœur...Dit-il ému. Je suis son père, ma bête hurlera pour nous deux !
Sur ses mots, Garvin s'élance. Il se sent plus rapide et plus fort qu'il ne l'a jamais été. Le garde, pris de court, agite sa lance frénétiquement. Garvin glisse sur le sol couteau en main et arrive à la hauteur de son bassin. Le garde le voit, mais c'est trop tard. La bête lui lacère le ventre d'une large entaille. L'homme recouvre immédiatement son ventre de ses mains en laissant tomber son arme. Ses viscères s'échappent mollement de son corps. La bête lui plante sa lame dans la gorge avant de finir son geste avec brutalité. La carcasse blanchâtre du garde s'affaisse sous son poids.

Il ne lui reste plus qu'une personne à tuer. Ornella, cette petite fille qui n'avait rien demandé non plus. D'autres parents ont sauté dans l'arène, il doit agir vite. Il court aussi vite qu'il peut. Il n'est plus qu'à quelques mètres. La fillette se retourne. Le bras tendu vers son fils, Garvin hurle : 
  • Mériel !
Les yeux du garçon s'illuminent.
  • Papa... dit-il en tendant la main. 
Un sifflement sourd fend l'air.

Les yeux du garçon perdent leurs éclats.

Une flèche tirée depuis l'estrade transperce le front de l'enfant. Plantée dans le pieux derrière, elle y laisse une trace ensanglantée.

Le cœur de Garvin et celui de la bête viennent de se briser.

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